JOUE-LA COMME DAVID

Joaquim PestrePortraits1 Commentaire

Capture d’écran 2016-04-25 à 12.10.16

En l’espace d’une année, David Sauvry, 24 ans, est passé du poste d’éducateur football à l’A.S. Beaune, petit club dans la banlieue dijonnaise, à celui de Directeur Technique adjoint des Celtix du Haut-Richelieu, un ambitieux club de 2500 membres situé non loin de Montréal, au Québec. Retour à chaud sur son expérience, ses observations et sur la formation en Préparation Physique, Récupération et Nutrition qu’il effectue en parallèle de son activité d’entraîneur.

Capture d’écran 2016-04-25 à 12.10.16 Quelques mots sur toi ? 

J’ai 24 ans, je suis originaire de Beaune, en Bourgogne (21), et je suis installé au Canada depuis 10 mois, ou je travaille en tant que Directeur Technique adjoint d’un club de soccer, les Celtix du Haut-Richelieu, à Saint-Jean-Sur-Richelieu, à 30minutes de Montréal (Québec).

Comment t’es-tu retrouvé au Canada ?

Grâce à un ami Québécois, Olivier (Prud’homme), que j’ai rencontré il y a quelques années quand il est venu faire un essai à l’A.S. Beaune, mon ancien club. On a bien accroché, et nous sommes restés en contact une fois qu’il est rentré chez lui, au Québec. C’est plus tard, quand je suis allé à Montréal en vacances, que nous nous sommes revus, qu’il m’a fait visiter les infrastructures et introduit à l’équipe dirigeante, qui m’a fait une offre de poste quelques mois plus tard…

C'est là que le gars s'est perdu

C’est là que le gars s’est perdu

Offre que tu acceptes immédiatement…

Oui, j’étais convaincu dès le départ. J’ai vraiment été séduit par le Québec, la mentalité, le côté francophone mélangé à la vie américaine. J’avais certes des attaches en France (amis, cocon familial…) mais ça valait vraiment le coup.
J’ai également beaucoup échangé avec le Directeur Technique du club avant d’arriver, je n’ai donc pas eu le temps de me poser   » 10 000 questions ».

« Ce club c’est une espèce de gros échange Erasmus »David Sauvry

Quel était ton poste en France ?

J’étais éducateur dans mon club, à l’A.S. Beaunoise, ou j’étais responsable des catégories U12/U13 et éducateur U18 (Access League). En parallèle, je suivais une Licence en Management du Sport à l’Université Claude Bernard Lyon 1, à Lyon.

Ca n’a pas été trop dur de tout quitter pour aller vivre 6 000km à l’Ouest ?

Non, pas vraiment. Le côté Francophone aide beaucoup, puis y’a énormément d’étrangers sur place donc je ne suis pas le seul, ça a facilité mon intégration. Rien que dans mon club, mon Président est d’origine Chilienne, notre Directeur Technique d’origine Gabonaise, un Directeur Général Français, des entraineurs Sud-Américains. Ce club, c’est un espèce de gros échange Erasmus !

Et le climat, pas trop dur ?

Je suis arrivé au mois de juillet donc c’était plutôt l’inverse, quasi tropical (humide) puis on a eu un hiver clément, même si ça a été dur. Après on a de la chance car on est très bien équipé, avec plusieurs terrains « indoor » modulables, pour soccer à 7 ou à 9. Cela permet donc à nos équipes de s’entrainer chaque jour de l’année dans des conditions optimales.

ça fait saliver, non?

ça fait saliver, non ?

Peux-tu nous parler de ton club, le Celtix du Haut-Richelieu ?

C’est un gros club créé y’a une 50aine d’années (1969), très bien structuré qui compte 2500 membres.
L’idée et la philosophie du club, c’est que chaque jeune y trouve son compte. Pour ce faire, nous les répartissons en une multitude de section qui sont définies par l’âge (4 à 21 ans), le désir et les objectifs du jeune (loisir/découverte à la compétition) et par sections h/f, puisque nous avons 60% de garçons et 40% de filles.
Nous avons également plusieurs sections d’adultes (H/F) qui jouent au plus haut niveau québécois (Ligue soccer élite AAA).

Je sais pas trop si je dois le dire mais le club monte actuellement le cahier des charges pour faire monter rapidement en Première Ligue Soccer Quebec (ligue semi-professionnelle)

« Ici, c’est simple, même en amateur ils sont hyper professionnels et savent vraiment adapter leurs moyens à leurs ambitions… »David Sauvry

Quelles sont tes responsabilités au sein du club ?

C’est assez vaste. Je suis Directeur Technique adjoint en charge des équipes U9 à U14 (école de Foot), responsable du groupe Sport Art Etude « concentration soccer » qui accueille une 40aine de jeunes qui s’entrainent plusieurs fois par semaine.
Je coordonne également les programmes novices U4/U8 et supervise les équipes et les entraineurs de l’académie U9 à U13. Pour finir, je suis intervenant technique avec le senior AAA & U21 AAA pour la planification des séances sur le terrain et la prise en charge de l’aspect Préparation Physique, que je me permets d’effectuer grâce aux acquis de la formation en Préparation Physique.

J’ai aussi une responsabilité sur l’évènementiel ou je m’occupe de l’organisation de notre tournoi annuel, la Coupe Celtix International qui accueille 80 équipes de soccer internationales (foot à 7 et à 9) de U11 à U16 sur 2 jours au mois d’août. Un gros événement quoi.

Le coach et son équipe de choc

Le coach et son équipe de choc

Tu t’attendais à une si bonne organisation en arrivant ici ?

Oui, et non. J’avais eu l’occasion de le voir de mes propres yeux, lors de mon premier passage, mais avant ça, je m’imaginais que la priorité était tournée vers les sports Américains (hockey-sur-glace/basket-ball) et que le football (soccer) était quelque peu délaissé et désorganisé.
En réalité non, c’est très bien organisé. Ici, c’est simple, même en amateur ils sont hyper professionnels et savent vraiment adapter leurs moyens à leurs ambitions. En France, un club amateur, même ambitieux, reste relativement limité dans ses moyens et ses effectifs. Notre club, par exemple, compte 6 employés à temps plein.

« Je me rappelle qu’en France, aux entrainements, les enfants arrivaient avec les maillots de Chelsea, de Barcelone (rires)  »David Sauvry

D’un point de vue sportif, quelles sont les principales différences que tu as pu constater entre tes équipes Française et Québécoise ?

D’un point de vue technique, c’est assez bon. Sur le physique également, il y a de très bons athlètes. La où se fait la principale différence, c’est au niveau de la tactique et de la culture du jeu. C’est principalement sur cet aspect qu’on essaye de faire progresser nos équipes. Ca passe par beaucoup de situations pratiques en terrain.

A quoi ceci est lié ?

En Europe, les enfants qui pratiquent le Football vivent et respirent le Football depuis leur plus jeune âge, souvent influencés par leurs parents et les autres enfants. Ici, c’est différent, certains enfants pratiquent plusieurs sports, ou préfèrent regarder le hockey même s’ils jouent au football. Tactiquement ça se fait ressentir, notamment sur les anticipations de phases de jeu…

David Sauvry, le distributeur de High Five

David Sauvry, le distributeur de High Five

D’autres différence qui t’ont frappé ?

Dans mon club, le professionnalisme et la maturité que montrent les enfants est assez impressionnante. Ils sont bien plus appliqués et impliqués que les équipes que j’ai pu coacher en France au même âge. Par exemple, si je décide de rajouter 1 ou 2 séances d’entrainement avant un match, ils le font sans broncher, ils sont même contents. Ils sont aussi très indépendants sur le matériel : ils doivent ramener leur propre ballon jusqu’au U14 et respectent à la lettre les codes vestimentaires à avoir. Je me rappelle qu’en France, aux entrainements, les enfants arrivaient avec les maillots de Chelsea, de Barcelone (rires) !

Les parents sont « à fond » également, non ?

Ils sont très impliqués et nous déchargent de tout l’aspect logistique, notamment les weekends de matchs, ou chaque parent emmène leur enfant, même quand celui-ci est à plus de 100km. L’herbe n’est pas non plus toute verte, on voit par exemple de plus en plus de parents (trop) pousser leurs enfants à devenir pro. C’est un phénomène assez nouveau ici, qui s’explique en partie par une augmentation de la médiatisation du soccer au Québec lié en partis aux bons résultats de l’Impact de Montréal, le club de Didier Drogba.  

A t’écouter, on te vois difficilement revenir en France de sitôt, je me trompes ? 

C’est vrai… Je compte vraiment rester ici pendant un moment. Je suis d’ailleurs entrain d’essayer de convenir mon Permis Jeune Professionnel en résidence permanente.

Un mot pour des français(e)s qui souhaiteraient suivre ton exemple et aller au Canada ?

La 1ère étape c’est d’en avoir vraiment envie, clairement. Envie de découvrir quelque chose de nouveau sans avoir peur de faire des sacrifices. Personnellement, ici, j’ai trouvé l’endroit ou combiner ma passion, le soccer, à un métier qui me plait, tout en restant dans le monde du soccer amateur. Un beau cocktail.


Sa formation en Préparation Physique

Le contenu est très intéressant et le fait que ce soit des vidéos et non du texte permet d’avoir cette interactivité comme si on était véritablement dans le cours. J’essaye d’intégrer les contenus théoriques avec nos seniors tout en prenant en compte qu’aujourd’hui ils ne sont pas professionnels ce qui ne sera plus le cas la saison 2017 (intégration en ligue semi-pro).
Dans les prochains mois nous allons essayer de sensibiliser nos parents à l’importance de la nutrition pour nos athlètes élites jouant dans les ligues AA & AAA.

Prochaine session de formation en Préparation Physique, Récupération et Nutrition le 2 mai (distance).
Plus d’infos : contact.pprn@trans-faire.fr

Propos recueillis par Joaquim Pestre

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