Le sport se met au vert avec la COP21

Joaquim PestreActualitésLaisser un commentaire

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A partir du 30 novembre, la France aura l’honneur d’accueillir et de présider la conférence internationale sur le climat, également nommée COP21.
Maintenue malgré les terribles événements survenus sur notre territoire, elle va permettre à
20 000 délégués, venus des 5 continents, de discuter du sort de notre planète en matière d’écologie.
Parmi eux, de nombreux acteurs du sports seront présents, dont des fédérations, qui viendront se sensibiliser sur des thématiques telles que le développement durable, la réduction des émissions de gaz à effet de serre mais aussi participer à l’organisation d’événements « éco-responsables »…

COP 21_Sport_Ecology_2015

Tous concernés !

Marc Pajot, navigateur français, disait : « En sport, dès qu’on s’arrête, on régresse ». Cet adage, sensé, ne vaut pas que pour l’entrainement. Le progrès concerne également les acteurs du sport : les fédérations, les collectivités, les ligues et clubs et (même) les licenciés.

On y pense peu, mais un grand nombre de disciplines sportives sont source de pollution. Deux causes majeures : les matériaux utilisés (construction de stades) et les transports des athlètes et de leur staff, notamment lors des compétitions (voitures, trains, avions…).
Comble du paradoxe ce sont les sports dit « naturels » qui font le plus de dégâts comme le ski, le golf ou le cyclisme (et ses nombreuses caravanes…).

Cependant, les professionnels du sport ne sont pas les seuls concernés par ces excès. Nous, sportives et sportifs, avons également beaucoup de chemin à parcourir afin d’adopter un comportement « éco-responsable » dans nos pratiques sportives quotidiennes.

A la croisée du monde, la COP21 fait donc figure d’opportunité pour réaffirmer des engagements forts en matière de développement durable et de respect de l’environnement. La conférence sera également l’occasion de faire le bilan sur des actions menées depuis 2014 par les 30 fédérations d’ores-et-déjà engagées et leur influence auprès des 76 000 clubs potentiellement concernés.

Une industrie sportive dans « l’air du temps »

Depuis 2011, l’organisme de certification Ecocert a lancé le label « Golf éco-durable », l’équivalent au niveau mondial de « Golf Environment Organization » et dont les partenaires s’engagent à entretenir leurs parcours dans le respect des normes écologiques  sur la moitié de leur surface et de manière durable sur tout le reste. A Dinard, en Ille-et-Vilaine, on n’utilise plus de produits chimiques et l’arrosage s’effectue à partir des eaux recyclées de la station d’épuration de Saint-Brieuc (22).

Le sport automobile, logiquement pointé du doigt, va également devoir évoluer.
Dès 2014, la F1 a décidé de mettre fin au gaspillage en limitant — sous peine d’être disqualifié  — les pilotes à 100kg de carburant par course. Une révolution quand on sait que chaque bolide consommait entre 130 et 150kg à la fin du circuit.
L’autre changement, et pas des moindres, concerne
 l’usage des moteurs, qui passe de 8 à 5 par voitures et par saison.
Conséquences directes, la baisse de puissance des moteurs faisant ainsi passer les voitures de 750 à 600 chevaux, rendant les machines moins polluantes.

Si on regarde du côté des terrains de foot, le synthétique à longtemps été recommandé pour contrer le gazon naturel, trop gourmand en eau, pesticides et en électricité. Christian GOURCUFF, le sélectionneur de l’équipe d’Algérie, à bien connu ces terrains lors de son passage à Lorient. Lors d’une interview pour Eurosport, il évoquait « la difficulté pour les joueur de s’habituer au synthétique » et évoquait le risque de blessure, qui n’augmentait pas, mais qui « générait d’autres pathologies ».

Lorient - Moustoir - ©Panoramic

Lorient – Moustoir – ©Panoramic

Pour trouver une solution intermédiaire, les ténors du football français, dont le Paris Saint Germain et l’Olympique de Marseille, ce sont équipés, dès fin 2014, de gazon hybride : un gazon naturel « piqué de milliers de fibres synthétiques qui s’enracine dans un substrat mêlant sable fin, granules de liège et microfibres synthétiques ».
Le coût est relativement élevé (1M) mais offre de nets avantages tels que la « planitude », la souplesse et la résistance aux intempéries.

Que dire du sport nautique?  Il n’est pas en reste non plus. Dans un contexte où les problématiques environnementales occupent une place grandissante et ou la réglementation en matière d’élimination de déchets se durcit, les procédés de fabrication et les matériaux utilisés se devaient de connaître une évolution.  Le chanvre — variété de plante cultivée de la famille des Cannabaceae — commence à se substituer  à la laine de verre et le polypropylène à la résine. Autre innovation mise au point à la Rochelle (17) : le Zéro CO2, qui prévoit un équipement en panneaux solaires, une éolienne et une pile à combustible alimentant le moteur auxiliaire de ce voilier électrique.

L’organisation d’événements éco-responsables

Dans le cadre de l’Euro 2016, quelques mesures exemplaires, durables et généralisables ont été initiées par la Fédération Française de Football.

L’éco-conception de cet événement ne se limite pas à la problématique du transport avec l’organisation de covoiturage et l’affrètement de TGV. Les efforts se concentrent également  sur la gestion des déchets, la prise en compte de critères « développement durable »  dans le secteur des achats, ou encore à la limitation des supports de communication papier.
Enfin l’éco-conception de l’Euro 2016 se perçoit également au travers d’un management intégré du développement durable : évaluation et suivi des émissions de G.E.S., budget dédié aux actions de développement durable, politique de certification ISO, etc…

Le stade du Matmut-Atlantique, à Bordeaux (source : http://www.bordeaux-tourisme.com/)

Le stade du Matmut-Atlantique, à Bordeaux (source : http://www.bordeaux-tourisme.com/)

Ces exemples concrets soulignent la prise de conscience des acteurs du sport et mettent en lumière une volonté très nette des organisations de montrer leur mobilisation  en termes de respect environnemental.
Le C.I.O, par exemple, qui décide de l’attribution des Jeux Olympiques, scrute de plus en plus les candidatures des villes qui souhaitent accueillir les compétitions, en augmentant les conditions écologiques du cahier des charges.

La pression du C.I.O. s’est en revanche (et étrangement) effacée lors de l’attribution des Jeux d’Hiver à Sotchi (Russie) en 2014, événement qui aura coûté 42 milliards de dollards et considéré par un bon nombre de spécialistes comme une « horreur écologique« .

Et moi, que dois-je faire pour être « COP21″ ?
  • Règle 1 : j’opte pour un matériel de durée de vie longue, récupérable, réparable, recyclable.
  • Règle 2 : quelque soit le sport que je pratique, j’essaie aussi souvent que possible de m’entraîner en extérieur et en milieu naturel.
  • Règle : j’adopte une attitude responsable en milieu naturel en évitant de faire trop de bruit pour éviter de perturber la faune locale. Je ne laisse pas derrière moi des détritus
  • Règle 4 : Je m’entraîne de préférence sur des sites peu éloignés de mon domicile pour limiter l’impact transport de ma pratique et  ma consommation de CO2.
  • Règle 5 : je choisis de pratiquer à des moments de la journée qui empiètent le moins sur ma vie privée et par rapport à mes horaires de travail pour ne pas m’épuiser.

Comme nous avons pu le voir, des leviers d’actions concrets environnementaux sont possibles aussi bien à l’échelle individuelle que collective.

Toutes les parties prenantes du sport, les fédérations sportives, l’industrie du sport et les sportifs eux-mêmes sont conviées à adopter une démarche développement durable. La COP21 constitue donc une bonne piqûre de rappel. On peut espérer qu’elle sera le vecteur du lancement d’une dynamique éco-responsable dans toutes les disciplines sportives, et ce, très rapidement…

Article rédigé par Meera Albrecht

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